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Denoël, 1937
Actes Sud / Babel, 2005 en librairie
Julliard, 1962
Actes Sud, 1985 en librairie
Le mors aux dents
 

Au lendemain de la révolution d'Octobre 1917, le baron Ungern s'insurge contre le pouvoir soviétique. Il prend les armes, réunit des partisans, chasse la garnison chinoise d'Ourga, conquiert la Mongolie et s'avance vers Pékin avec un seul but : reconstituer l'empire de Gengis Khan, quitte à torturer et à massacrer des milliers d'hommes. Même parmi ceux qui l'ont côtoyé, peu le connaissent : est-ce un fou sanguinaire, un militaire ambitieux, un bouddhiste convaincu ou un aristocrate courtois ? Le "baron sanglant", personnage authentique et insaisissable, semble appartenir à la légende. Seul un romancier d'exception pouvait relater sa grandiose et dérisoire épopée. Vladimir Pozner en retrace les étapes sur un rythme étourdissant, avec cette écriture âpre et rapide qui assura au Mors aux dents – dès sa première publication en 1937 – un succès qui ne devait pas se démentir.
Bertrand Py (Actes Sud), 1985
 

En exergue
Explosion de chaleur
Dans ma noire Sibérie.
Baudelaire
 

Les premiers mots
 
La dernière fois que j’ai vu Blaise Cendrars, il ne m’a pas reconnu. Cela se passait à l’enterrement de Fernand Léger, au mois d’août 1955. Paris était vide d’hommes et plein de fleurs, il y avait plus de fleurs que d’hommes au cimetière de Gif-sur-Yvette. D’abord Nadia Léger avait cru que son mari n’aurait pas voulu de fleurs, rien d’autre qu’un drapeau rouge sur son cercueil. Elle avait fini par changer d’avis, il y a eu le drapeau rouge et les fleurs, pas de couronnes, des gerbes seulement. Le soleil brûlait, il y avait des fruits aux branches des arbres ; à l’entrée du cimetière, à l’ombre d’un pommier, rassemblée autour d’une moto rutilante, une famille d’ouvriers était descendue tout entière d’une toile de Léger.
(...)
Je retournai chez Cendrars les mains vides.
— Je vais écrire la vie d’Ungern, lui dis-je.
— Qui est-ce ?
— Un général blanc qui a combattu les bolcheviks en Extrême-Orient et s’est retiré en Mongolie après la défaite de ses chefs.
C’était tout ce que je savais.
 

A propos de…
 
"Le mors aux dents, cette épopée infernale, est un livre sang et steppe".
Claude Roy
 
Un modèle de réussite, selon moi, c’est Le Mors aux dents, de Vladimir Pozner, qui raconte l’histoire du baron Ungern, celui que croise Corto Maltese dans Corto Maltese en Sibérie. Le roman de Pozner se divise en deux parties : la première se déroule à Paris, et rend compte des recherches de l’écrivain qui recueille des témoignages sur son personnage. La deuxième nous plonge brutalement au coeur de la Mongolie, et l’on bascule d’un coup dans le roman proprement dit. L’effet est saisissant et très réussi. Je relis ce passage de temps en temps. En fait, pour être précis, les deux parties sont séparées par un petit chapitre de transition intitulé « Trois pages d’Histoire », qui s’achève par cette phrase : « 1920 venait de commencer. »
Je trouve ça génial.
Laurent Binet, HHhH, 2009
 
C’est le premier livre de Pozner que j’aie lu. J’avais 16 ans. Ce livre m’est resté comme une révélation.
Jorge Semprun, France Culture, 2005
 
Ce "roman vrai" parut en 1937, quand Hitler et le Front populaire s'affrontaient. Il éclate à nouveau aujourd'hui. Il étonne plus encore par le tir serré des phrases et la modernité de sa composition.
Dominique Desanti, Le Monde des livres, 2005
 
Dans les années lointaines, j’ai débuté devant une caméra avec Vladimir Pozner, scénariste du film Le point du jour. Je ne l’ai jamais quitté depuis. J’aurais aimé qu’il soit mon frère. Le mors aux dents reparaît, politique, bouleversant, historique. Pozner, homme puissant et si tendre.
Michel Piccoli, Le Nouvel Observateur, 2005
 
Un des écrivains les plus exigeants et les plus lucides de son temps.
François Eychart, L’Humanité, 2005
 
La mort... La mort... Le mors ! La mort dans Le mors aux dents, eh bien, c’est un cheval fou !
Jean-Pierre Faye, 2005
 
Menée bride abattue, la prose halète et se hachure. La collection Babel ne pouvait mieux commémorer le centenaire de la naissance de Vladimir Pozner qu’en republiant son texte le plus cravaché.
Frédéric Saenen, Sitartmag, 2005
 
Vladimir Pozner est un extraordinaire ciseleur de phrases et cet homme de partout fait l’amour à la langue française comme peu d’auteurs français l’ont fait en ce siècle.
Jean-Michel Ollé, Différences, 1986
 
Sans périphrase, Le mors aux dents, c’est une sorte d’à la recherche du Tueur perdu. Éperdu même. Nous sommes à l’époque où la Russie sort de sa révolution et où des hommes, venus du bout des temps, tentent encore contre vents et marées d’arrêter le temps. Ungern vient d’ailleurs du plus profond de nos terreurs, de nos plus anciens cauchemars. C’est à proprement parler un monstre, une bête féroce, mais comme tel, il a pu fasciner. On lui obéissait aveuglément, faute de quoi on n’en revenait pas. Et son évocation ne peut qu’être une succession de morceaux de bravoure coupés de froids comptes rendus, de ces rapports plus cruels encore dans leur entière sécheresse, qui ont déjà fait la beauté terrible des grands livres de Malraux, Les conquérants et La condition humaine.
Pierre-Jean Rémy, préface à Œuvres de Vladimir Pozner, 1977
 
Vladimir Pozner a un accent prodigieux. Ses phrases brèves bondissent. Elles ont l'éclat du métal. C'est un écrivain, un vrai, qui a le sens de la couleur et du rythme.
Charles Plisnier, L'Indépendance, 1937
 























































































Claude Morgan, Vendémiaire, 1937
 
Le mors aux dents, de Vladimir Pozner, c'est Tempête sur l'Asie.
La Critique cinématographique, 1938
 
Il faut lire ce livre bouleversant, violent et beau. Il participe à la fois de la poésie épique la plus véhémente et de la prise de vue la plus lucide et la plus froide.
Charles Plisnier, L'Indépendance, 1937
Livre Club Diderot, 1977 (in Œuvres)
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